Abida Parveen
Abida Parveen est née en 1954 à Larkana, dans la province de Sindh à l’extrême sud du Pakistan.
Grande voix de la musique mystique, elle interprète un répertoire fait de poésie et de chants sacrés issus de la parole des saints soufis; développant les thèmes de l’amour absolu et de la paix des peuples. Elle chante principalement les ‘kalam’ – versets du saint Shah Abdul Latif, mais également les poèmes d’Amir Khusrau, Bulleh Shah, Sachal Sarmast, Sultan Bahu ou encore Kabir et Waris Shah. Elle reçoit son éducation musicale de son père Ghulam Haider, célèbre chanteur et directeur d’une école de musique. Il prend très vite conscience du talent de sa fille et l’incite à progresser dans le chant soufi, pourtant traditionnellement réservé aux hommes. Elle prolonge sa formation auprès de Salamat Ali Khan, maître du chant khyal – chant du nord de l’Inde – installé à Lahore, qui l’oriente vers le ghazal, forme de poésie lyrique tournant toujours autour des thématiques de l’amour, qu’il soit profane ou sacré. Elle y apprend également les subtilités du kafi – chant religieux des régions du Sindh et du Penjab –, du thumri – chant classique fait de poèmes amoureux – et du qawwali– chants islamiques et parfois soufis dédiés à Allah ou célébrant l’amour. Abida Parveen se fait connaître au Pakistan grâce à ses prestations radiophoniques sur Radio Pakistan, et ce dès le au début des années 70. Son premier succès, ‘Tuhinje zulfan jay band kamand widha’, est un morceau célèbre, interprété par de nombreux chanteurs Sindhi, mais auquel elle a apporté sa sensibilité personnelle et sa voix unique. À quinze ans, elle chante devant une assemblée de 15 000 fidèles réunis à l’occasion de la célébration d’un poète soufi. Quelques dix ans plus tard, sa carrière devient internationale, elle commence à donner des représentations en Europe et aux Etats-Unis, toujours accompagnée par un ensemble qawwali, ces formations qui jouent traditionnellement dans les Dargah, les sanctuaires des ancêtres où sont enterrés les Saints fondateurs des lignées soufies.
Abida Parveen est souvent reconnue comme l’équivalent féminin de Nusrat Fateh Ali Khan, tant par sa capacité à faire ressentir ses émotions à la foule que par la vénération qu’elle entraîne autour d’elle. La chanteuse la plus célèbre du sous-continent indien fait l’objet d’un véritable culte sur sa terre comme en Inde, et l’on prête à son chant des vertus apaisantes mais également curatives…
Bérangère Bouvet
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